New work : en route vers une nouvelle vision du travail (partie 1/2)

Dounia Issaa
7 min de lecture

L’évolution des technologies numériques et l’arrivée des nouvelles générations ont bouleversé le monde du travail et notre rapport à cette institution socioculturelle. Nouveaux espaces, nouveaux contrats, nouvelles organisations et méthodes de management, nous sommes aujourd’hui bien loin de la vision taylorienne. Une profonde remise en cause qui oblige les organisations à réinventer leurs modèles pour concilier travail et plaisir. Avec à la clé : plus de performance !

A quoi ressemble l’entreprise idéale ?

Cette question posée par le cabinet d’étude Deloitte auprès des jeunes diplômés est riche d’enseignements. « L’entreprise idéale, c’est celle que j’aurai créée, celle où je serai mon propre patron ! » s’accordent à dire une majorité d’entre eux. Quant aux jeunes actifs peu attirés par le monde de l’entreprenariat, ils ont une vision claire de leurs attentes au travail : de l’autonomie, des horaires flexibles (87%), la
possibilité de faire du télétravail (59%) et de grands espaces pour travailler en équipe. « Les 18-30 ans ne sont pas spécialement insatisfaits, mais ils ont des exigences différentes de celles des générations précédentes » précise Aurélien Preud’homme, directeur d’études chez Viavoice.

Leur rapport au travail et plus généralement au monde, les pousse dans une quête permanente d’équilibre. Travail et plaisir, vie professionnelle et vie privée, autonomie et soutien, règles et liberté… « Les priorités des jeunes en matière d’emploi ont changé : outre l’argent et la sécurité, les Millennials exigent que leur travail leur laisse une bonne part de temps libre » explique Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France. Ils envisagent leur emploi comme une source d’épanouissement, une extension de leur identité. Le travail n’est plus vu comme un moyen pour profiter de la vie mais plutôt comme un lieu de vie qui doit partager leurs valeurs, avoir du sens et être compatible avec leur vie privée.

RÉCONCILIER BUSINESS ET PLAISIR

Ce nouveau rapport à l’entreprise, qui cherche à (ré)concilier travail et plaisir, modifie radicalement les pratiques de l’emploi. Autoentrepreneurs, freelances, travailleurs indépendants… les nouveaux statuts se multiplient et reconfigurent les relations de travail. Selon l’économiste Jean-Marc Daniel, les travailleurs indépendants représenteront d’ici quelques années 50 % de la population active !

Rendu possible par le contexte économique et les nouvelles technologies, l’autoentreprise séduit de plus en plus de salariés qui recherchent dans ce statut, la liberté de s’épanouir professionnellement. « Ce que je préfère dans le fait d’être freelance, c’est pouvoir travailler à mon rythme sur des sujets qui me passionnent et être en relation directe avec le client final » souligne Selim, un freelance référenceur.
Pour autant, ce statut n’est pas si simple. Entre formalités administratives et solitude, les travailleurs 2.0 doivent s’affirmer sur le marché du travail, développer leur réseau et acquérir de nouvelles compétences (comptabilité, marketing…) pour développer leur propre marque. Beaucoup d’entre eux se tournent alors vers des espaces de coworking, pour échanger avec d’autres freelances et bénéficier de leur retour d’expériences sur des problématiques souvent communes.

Une tendance de fond qui n’a pas laissée indifférents les grands groupes immobiliers. En 5 ans, le marché du coworking a augmenté de 700 % et la France compte aujourd’hui 500 lieux de travail partagés ! Wifi haut débit, salles de réunion, boissons, imprimantes et fournitures de bureau en accès libre… tout est pensé pour permettre de travailler efficacement. Avec en prime, l’organisation d’événements réguliers et accessibles gratuitement aux membres (hackathon, conférence, formation…). « Ces lieux se veulent autant des espaces de travail que de réseautage qui permettent de rencontrer à la fois des clients et des partenaires » précise le champion
américain du coworking, WeWork.

LA TECHNOLOGIE COMME FACILITATEUR

Si notre rapport au travail a changé et avec lui ses pratiques et modes de management, c’est avant tout parce que les technologies de l’information et de la communication ont modifié en profondeur notre rapport au temps et à l’espace. La digitalisation offre plus de flexibilité dans l’organisation et permet de renforcer la mobilité. Avec un smartphone ou un ordinateur portable, tout le monde peut désormais choisir son lieu de travail (à la maison, au bureau, dans le train, dans un café…), ses horaires et même se connecter avec ses collègues aux quatre coins du
monde.

Conjointement, les plateformes de mise en relation entre des besoins et des compétences se multiplient (youpijob,
jemepropose.com, hopwork…), tout comme les outils d’apprentissage (Google Digital Active, Mook pour faire du marketing…) ce qui permet à chacun de monter en compétences dans son domaine ou de développer sa propre activité, en parallèle de son emploi. « Le monde du travail va devenir de plus en plus protéiforme » assurent Sandra Enlart et Olivier Charbonnier, auteurs de l’ouvrage A quoi ressemblera le travail demain ?
La démocratisation des technologies permet à chaque personne de switcher entre plusieurs activités et être dans le même temps, salarié d’un grand groupe, autoentrepreneur et bloggeur.

Dans ce contexte, la frontière entre vie privée et vie professionnelle est de plus en plus ténue. Hyperconnectés,
les collaborateurs sont désormais nombreux à s’autoriser la consultation de leurs réseaux sociaux, à effectuer des achats en ligne ou à répondre à des e-mails personnels pendant leur journée de travail. Inversement, ils consultent
leurs e-mails professionnels le soir ou en vacances, et leurs journées de travail se terminent généralement bien longtemps après l’avoir quitté… Une situation non sans risque puisque la porosité des frontières et l’utilisation massive des technologies peuvent à terme intensifier le rythme de travail, affaiblir les relations humaines et développer des troubles psychosociaux. C’est la raison pour laquelle les entreprises doivent prendre en compte l’ensemble de ces éléments afin de développer une véritable culture interne qui place l’humain et son bien-être au cœur de son business model.

>> Rendez-vous mercredi pour la suite du dossier sur les nouvelles pratiques de travail.

L'auteur - Dounia Issaa

Dounia est Responsable Communication chez Loyalty Company.

"Mon ambition ? Produire des contenus utiles qui fassent sens et alimentent vos réflexions. Ce qui me motive ? Vous inspirer, vous interpeller, vous faire réagir !"

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